Wolfgang Laib, du pollen au Musée

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Wolfgang Laib

Comme tu le sais désormais, je suis bloggeuse, photographe et apicultrice. Je dois te confier que je ne connais rien de plus joli dans la ruche que le spectacle de l’abeille qui transporte des pelotes de pollen sur ses petites pattes zélées. Le pollen n’est pas en reste de photogénie, petites boules de poudre colorée amalgamées, ce sont de vrais petits chef d’oeuvres aux milles tons des plus violets en passant par les rouges, orangés, jaunes et jusqu’au blancs-gris.

Wolfgang Laib

Un homme a su saisir la sensualité de cette matière et toute sa gaieté pour en faire des installations de Landart exposées dans les musées: Wolfgang Laib.

Wolfgang Laib, du pollen au MuséePetit homme discret aux allures de moine, il ne revendique aucune appartenance religieuse. Il partage son temps entre son Allemagne natale et l’Inde, son pays d’élection, où il possède depuis peu un atelier. Il aurait pu embrasser la carrière de médecin. Mais c’est la voie de l’art qu’il a empruntée, préférant la guérison des âmes aux soins des corps.

Wolfgang Laib est né le 25 Mars 1950 à Metzinger en Allemagne. Il commence des études de médecine à l’ université de Tubingen en 1968. Il entreprend une thèse sur l’hygiène de l’eau potable qui le conduit à passer six mois en Inde du sud. Parallèlement à ses études de médecine il étudie le Sanskrit, le Hindi et Tamoul. C’est au retour de ce voyage qu’il réalise sa première sculpture : une grosse pierre noire qu’il taille avec un marteau et un ciseau pour lui donner la forme d’œuf parfaitement poli, cette forme rituelle que les indiens appellent Brahmanda. Mais son diplôme en poche, sa décision est prise, il n’exercera pas la médecine et se consacrera entièrement à l’art, et plus spécifiquement à la sculpture.

Ses périples en Inde, en Turquie, en Afghanistan ou en Iran, son enfance au côté de parents voyageurs, l’ont marqué à jamais. Nourri de culture orientale, Wolfgang Laib fabrique des œuvres à base de matières naturelles : lait, riz, pollen ou cire d’abeille.

Célèbre pour ses Milchsteine (pierres de lait), grands blocs de marbre remplis de lait, il impressionne la scène contemporaine avec sa Chambre de cire, une grotte creusée dans la montagne aux parois enduites de cire. De leurs formes, simples et archaïques, de leurs couleurs, pures et naturelles, émane un étrange pouvoir. Parcourir l’oeuvre de cet artiste hors du commun relève ainsi de l’expérience sensorielle – voire métaphysique.

En quête de spiritualité, d’extrême pureté, de non-violence, il veut exprimer les rapports originellement harmonieux qu’entretiennent l’homme et la nature, représenter les cycles des saisons, rendre hommage à la terre nourricière.  Pour Wolfgang, l’art et la vie sont intimement liées et ne peuvent être envisagées séparément. Son but est aussi de changer le rapport aux choses, aux êtres, au monde.

Wolfgang Laib, du pollen au Musée

Wolfgang Laib, du pollen au MuséeVéritable invitation à la méditation, sa dernière série d’installations Pollen from Hazelnut hypnotise. Nourri de culture orientale, Wolfgang Laib considère la création d’une œuvre d’art comme une cérémonie, un rite.  Avec beaucoup de patience, il récolte de ses propres mains et collecte depuis 1977 le pollen de noisetiers, de dents-de-lion et de mousse, qu’il conserve dans des bocaux. Chacun de ses tapis de pollen s’adapte au lieu de l’exposition. Au MoMA, en janvier 2013, il a utilisé pas moins de 18 bocaux pour couvrir son champ d’une surface de 18 mètres sur 21 (allergiques s’abstenir).

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