Vers une consommation 0 déchets ?

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Le meilleur déchet est celui qu’on ne crée pas

COP21 en préambule, bonnes résolutions 2016 en tête, je vais arrêter de croire que je vais vraiment amortir mon abonnement à la gym. J’ai trouvé un meilleur engagement, plus utile socialement et surtout plus durable! Je vais viser une consommation 0 déchets.

Un premier stade d’information me permet d’identifier les trois piliers de ma nouvelle croisade : 

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1. Trier 0 déchet

Identifier la nature de mes déchets pour mieux agir sur leur réduction

Sûrement celui que je pratique déjà le mieux: poubelle blanche (le verre), poubelle jaune, (le papier, le carton et les conserves), poubelle verte (le reste).

Je donne les textiles, le linge de maison, la petite maroquinerie et les chaussures que je n’utilisent plus dans les bennes à cet effet, j’appelle les encombrants pour trier mes vieux meubles, je ramène mes piles, mes ampoules usagées et mon petit-électroménager dans les points de collecte écosystème… La municipalité de Paris n’est pas celle qui s’investit le plus pour le recyclage, mais j’ai la chance que tout soit assez facilement organisé autour de chez moi.

J’aimerai pousser ma démarche un peu plus loin en m’intéressant au sujet des déchets organiques (épluchures de fruits et légumes, fleurs fanées, branchages, coquilles d’œufs) et à la solution compost.

L’objectif: le compostage consiste à transformer naturellement ses déchets organiques de cuisine et de jardin en amendement pour les sols, appelé compost. Les habitants peuvent ainsi réduire leurs déchets alimentaires en obtenant un compost gratuit, de qualité, pour les plantes d’appartement, de balcon ou de jardin, ce qui évite l’utilisation des engrais chimiques.

On estime que 30kgs de déchets alimentaires par an peuvent être compostés sur les 45kgs habituellement jetés à la poubelle par chaque habitant. Une réduction de 2/3 du poids de mes déchets rien qu’en faisant un tri de plus? La production d’engrais favorisant la « verdisation » de la ville, sans pesticides, si favorable à l’équilibre de mes chères abeilles? Ne plus hésiter! On peut aussi y penser en chantant comme l’ont fait les rappeurs Belges du groupe Panga.

J’ai trouvé plusieurs sites – Je veux mon bac bio, Compost à Paris  – qui recensent toutes les initiatives de compost collectifs. J’en ai trouvé plusieurs autour de chez moi. J’ai également envoyé une bouteille à la mer à ma Mairie. Espérons qu’elle me réponde… Plus qu’à identifier le site le plus proche (car la distance sera sûrement la clé de mon implication à long terme) et si je peux me joindre librement à son initiative?

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2. Donner une nouvelle vie à mes objets

Réutiliser et réparer

Le recyclage ne passe pas seulement par la destruction. On peut aussi apporter à certains objets une 2e vie.

Le do it yourself (DIY => comprendre « bricolage qu’on fait soi-même ») – autrefois limité aux napperons en dentelles et aux dessous-de-plat en macramé à désormais le vent en poupe. Variété des matières, techniques, il y a une activité manuelle pour chacun d’entre nous. A en juger par la taille des rayons qui leur est consacré dans les librairies, créer de ses mains est devenu une de nos thérapies contemporaine. Très facile donc de se passionner pour cet axe du recyclage. Détourner les objets, faire du neuf avec du vieux (le principe du home staging) en est une très bonne application. La planète vous dit merci!

Quand on a pas la fibre créatrice, pas le courage ou pas la patience, il est alors possible de se séparer de ses objets sans les jeter.

On saisira alors l’occasion d’arrondir son budget en revendant ses biens dans des dépôts-ventes, sur des sites d’enchères comme le Bon coin ou Ebay, ou en participant à un vide-grenier

Vers une consommation 0 déchet?

On peut aussi participer à des free troc-parties. Cela fonctionne très bien notamment pour les garde-robes féminines à chaque changement de saison. Chaque inscrite vient avec un nombre déterminé d’objets. Ceux-ci sont tarifés par les organisateurs selon une monnaie propre à la session (points, pastilles de couleurs…) puis commencent les échanges afin que chacune reparte avec de nouvelles pièces d’une valeur équivalente à celles avec lesquelles elle est arrivée.

On peut enfin faire une bonne action en donnant ses objets à une Association qui les réparera et les mettra au goût du jour afin de les revendre à son bénéfice. La plus connue est sans doute la Communauté d’Emmaüs. La recyclerie fonctionnent également sur ce modèle. Et j’adore ce concept. Un concept, simple, logique, évident si l’on veut désengorger notre planète des milliards d’objets rendus inutilisables par l’obsolescence programmée et qui reste cependant en état presque parfait de marche.

Parce que nous ne sommes pas tous électroniciens ou des Mac Gyvers du quotidien, l’axe le plus important que je travaillerai si j’étais écologiste serait la ré-pa-ra-tion. As-tu déjà essayé de faire réparer un objet sans que cela te coûte 3 fois le prix du même objet neuf? La réparation est une démarche qui me tient à cœur car l’obsolescence programmée est une tare de notre société qui a tendance  à vraiment m’agacer et pourtant… peu d’initiatives encouragent vraiment le consommateur dans cette voie. J’ai plusieurs fois fais la moitié du chemin vers une réparation d’objet et reculé devant l’engagement que cela représentait, en matière de temps, d’énergie et paradoxalement … de budget!

Récemment, je me suis retrouvée face à un cas de conscience: ma chère machine à café expresso – colorée, design, pratique et ruineuse en vilaines dosettes en alu – est devenue moribonde après 6 ans de bons et loyaux services. Elle a choisi de dire non à sa 4 507e dosette juste avant les fêtes de Noel, ce qui commercialement était presque une bonne idée.  Une nouvelle machine m’était proposée à chaque coin de rue doublée d’une offre attractive à -40%. Là, dilemme: une nouvelle machine dans ma cuisine et son lot de promesses onctueuses et réconfortantes pour 60 euros ou retour à la cafetière-filtre en plastique jauni de mes études remisée à la cave? Et bien les réponses des quelques réparateurs contactés via les pages jaunes m’ont finalement conduite au rayon « filtre à café » de ma supérette.

Mon dernier espoir: le site CommentRéparer sur lequel chacun peut poser sa question et la communauté partager ses expériences, ses astuces, ses conseils pour aider à redonner une seconde vie à un objet cassé.

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3. Réduire mes emballages

L’art de substituer

Réduire ses emballages, c’est comme se mettre au régime, il faut prendre ses habitudes et pratiquer l’art de la substitution. Penser « emballage » est une véritable tournure d’esprit. Cela demande de cesser de réagir à nos stimuli habituels envie-marketing-prix pour introduire une analyse du packaging plus primaire: le ratio poids du produit/ poids d’emballage qui l’entoure.

On peut ainsi privilégier les produits concentrés, les recharges, refuser les emballages individuels ou produits « de voyage ».

Consommer en vrac

Alors là… il va falloir que je bosse ma copie!

La promesse est séduisante « moins de gaspillage – moins d’emballage – plus économique », alors je saute à pieds joints dans la réorganisation de mes achats.

Vers une consommation 0 déchets?

Pour commencer j’achète une bouteille en verre pour disposer dans mon frigo de l’eau fraiche de ma ville, je fais le plein de tupperware et de bocaux (une 2e vie pour mes pots vides de confitures, moutarde, cornichons et autres…).

Pour faire mes courses, je m’équipe d’un caddie « revisité » (pliable et dépouillé, qui pourra aussi me servir lors de mon prochain Diner en Blanc), je saisis le prétexte pour ramener des souks un joli panier en osier ou je cède à la tendance nostalgique du bon vieux filet à provision. Je choisis une couleur acidulée. Ce n’est pas parce que qu’on est responsable qu’on doit être sinistre^^.

Je réorganise mes placards: je vide mes sachets dans mes nouveaux bocaux, que j’étiquette. Objectif: déstocker pour mieux visualiser mes réserves. Quels sont les produits dont je ne souhaite pas me passer? Quels sont ceux – souvent périmés – que le roi Marketing a réussi à infiltrer dans mon caddie sans que je m’en souvienne? 0 déchet

Pour ma liste de produits indispensables, il me reste maintenant à trouver la filière « vrac » la plus proche de chez moi. 0 déchet.

• Pour le poisson, la viande, le lait, le beurre, les fromages, les yaourts, la crème fraiche, les fruits et légumes, les fleurs: faire le marché. Pas d’excuses pour nous Français, c’est une caractéristique qui enchante nos visiteurs, il existe chez nous un nombre pléthorique de petits marchés, bio ou pas. En plus, on peut dans le même temps céder aux sirènes du locavore. Muni de son précieux caddie de courses, panier ramené de vacances ou filet tellement kitsch et tellement tendance, tupperware à portée de main. 0 déchet.

Vers une consommation 0 déchet?

Prendre le réflexe de refuser les sacs plastiques, sachets, poches et autres papiers. Pour le lait, il existe quelques distributeurs sur certains parkings de supermarchés. Pour la viande et la charcuterie, les boucheries représentent aussi de bons fournisseurs pour peu que l’on soit équipé pour refuser les papiers d’emballage et autres sachets.

Et pour tout cela, on peut aussi créer ou participer à une Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne (AMAP) qui met en contact des personnes qui veulent consommer des produits frais de saison et de proximité (distribués sous forme de paniers) et un producteur qui veut vendre ses produits en direct à un prix juste.

• Pour les petits chanceux qui habitent à la campagne, les circuits courts du producteur ou consommateur sont idéaux pour la viande, la charcuterie, le lait, les fruits et les légumes, les fromages.

• Pour les céréales, légumineuses et pâtes, sucres et farines, plusieurs enseignes: dans les rayons bio chez Super U ou Auchan, chez la Vie Claire, chez Biocoop, Il était une noix, Day by day, dans les petites épiceries bio… 0 déchet

• Pour l’eau: l’eau du robinet est potable en France, aussi hormis pour la consommation des bébés, pourquoi acheter de l’eau en bouteille? Pour les foyers les moins biens lotis, un purificateur d’eau peut être installé. 0 déchet

• Pour le thé et le café: les boutiques de thé et les petites brûleries qui ont tendance à refleurir dans nos centre-ville 0 déchet

• Pour le vin: comme dans les celliers d’antan, on apporte sa propre bouteille ou on se procure, sur place, une bouteille consignée. On la remplit depuis une cuve avec le vin de son choix. Et on récupère le montant de sa consigne en rapportant son contenant vide: vinenvrac 0 déchet

• Pour la boulangerie, les biscuits, les confitures et autres douceurs telle la pâte à tartiner: pourquoi ne pas acheter les ingrédients de base en vrac (œufs, farine, sucre, fruits…) et les faire soi-même?!

Les mauvaises langues qui opposeraient à cet argument qu’elles ont un travail et des enfants à gérer n’ont pas tort, mais le plaisir de faire soi-même n’a pas de prix. Il suffit de faire des confitures un jour (de vacances en été ou à Noel) pour disposer de délicieuses confitures toute l’année dans son placard. C’est une activité saine, ludique et on peut transmettre ce plaisir à ses enfants par la même occasion.

Les boulangeries pour les plus réfractaires d’entre nous proposent brioches, pains de mie et des tas d’autres viennoiseries que vous pourrez transporter dans un sac en tissu une fois payés. Même chose pour le pain.

• Pour le miel: famille Mary

• Pour les produits ménagers: Biocoop

• Pour les cosmétiques: Lush, Biocoop

A de nombreux besoins individuels (couches de bébés, litière pour animaux) il existe des solutions ciblées: couches lavables, litière en copeaux de bois recyclables dans un compost.
 
Sinon, on peut choisir de petites astuces qui ne supprimeront pas les emballages mais  réduiront leur volume, ce qui est déjà un premier pas. Ne plus acheter de yaourts individuels, mais du fromage blanc en pot familial; préférer les grands emballages (sacs de riz chez Tang Frères), les bouteilles en verre pour le liquide et les emballages compostables (papier, carton); enfin, au bureau, fini les bouteilles d’eau en plastique et les gobelets pour ma pause-café, je m’offre un très joli mug, ou une gourde en plastique!


Les limites de l’exercice

Elles sont nombreuses. Il est souvent difficile de conjuguer écologie, espace vital, gourmandise, régime alimentaire, budget, temps, esthétisme et plaisir d’offrir. Il faut savoir prioriser l’ordre de ses batailles. 0 déchet

Ma démarche n’est pas de rentrer dans une pratique intégriste et sans concession de la consommation verte, mais bien de m’habituer à de nouvelles pratiques pour à terme mieux les maitriser. 0 déchet


Et toi, quelles sont tes astuces pour réduire ta production de déchets? Ta commune a mis en place un belle initiative? Partage-la avec nous.

 

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2 Commentaire(s)
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Pierre de patience
Pierre de patience
5 janvier 2016 22 h 58 min

Ton article m’a donné envie de faire du tri dans mes armoires :) A faire donc dans les prochains jours ! Premier pas vers le 0 déchet : chez nous,… Plus

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